Comment entraîner sa cellule de crise cyber ?
En bref
Un exercice de crise cyber réunit autour d'une table les personnes qui décideront le jour venu, autour d'un scénario réaliste annoncé à l'avance. Deux heures suffisent pour la première fois. On n'y teste pas des compétences techniques, mais la circulation de l'information, les décisions et les moyens de communication de secours. Chaque écart constaté devient une action à corriger.
Les procédures écrites donnent l'illusion d'être prêt. L'exercice révèle ce qui manque vraiment : un numéro introuvable, une décision que personne ne se sent autorisé à prendre, une liste de clients accessible seulement sur le serveur devenu indisponible. Voici comment organiser un premier entraînement sans y consacrer des semaines.
Qui réunir autour de la table
- La direction, qui arbitre et engage l'organisation.
- Le responsable informatique ou le prestataire, pour l'état technique et les délais réalistes.
- La personne qui traite les paiements, souvent concernée en premier.
- Celle qui parle aux clients, commercial ou accueil.
- Un représentant des équipes qui ne pourront plus travailler normalement.
- Un animateur, qui déroule le scénario et note, sans participer aux décisions.
Inutile de convoquer tout le monde. Le bon format réunit les personnes qui décideront réellement, pas celles qui figurent sur l'organigramme.
Préparer un exercice utile
- Annoncez la date : un exercice surprise crée du stress et fausse les enseignements du premier essai.
- Fixez un objectif unique : par exemple, vérifier que l'alerte atteint la direction en moins d'une heure.
- Choisissez un scénario plausible lié à votre activité, pas le plus spectaculaire.
- Préparez les injections : trois ou quatre nouvelles annoncées au fil de la séance, qui font évoluer la situation.
- Posez les règles : on ne juge personne, on note les écarts, on s'arrête après deux heures.
Un scénario simple pour commencer
Le lundi matin, plusieurs personnes signalent que leurs fichiers ne s'ouvrent plus. Un message réclame une rançon. La messagerie ne répond pas.
Injection 1 : un client appelle, il a reçu une demande de virement signée de votre adresse. Injection 2 : un salarié a déjà réinstallé son poste pour « gagner du temps ». Injection 3 : un journaliste local demande une réaction.
Les questions qui suivent sont toujours les mêmes, et elles suffisent à révéler l'essentiel : qui prévient qui, dans quel ordre, avec quel moyen de communication si la messagerie est coupée. Que dit-on aux clients, et qui le dit. Quelles activités continuent sur papier. Qui autorise l'arrêt d'un service. Où sont les sauvegardes, et qui sait les restaurer.
Ce que l'exercice fait apparaître
| Constat fréquent | Correction à prévoir |
|---|---|
| Les numéros ne sont accessibles que dans la messagerie | Fiche de contacts imprimée, mise à jour à date fixe. |
| Personne ne se sent autorisé à couper un service | Décision écrite, avec un suppléant désigné. |
| La sauvegarde existe, mais personne n'a jamais restauré | Test de restauration planifié, comme le décrit notre article sur le plan de reprise d'activité. |
| Aucun canal de secours pour échanger | Messagerie de secours hébergée ailleurs, groupe téléphonique. |
| Les équipes ne savent pas quoi répondre aux clients | Deux ou trois phrases préparées et validées. |
Après l'exercice
- Faites un tour de table à chaud : ce qui a bloqué, ce qui a manqué, rien de plus.
- Rédigez un compte rendu d'une page, avec des actions datées et un responsable par action.
- Corrigez d'abord ce qui coûte peu : un numéro imprimé, un mandat signé, un accès partagé à deux personnes.
- Mettez à jour la fiche réflexe et le plan de reprise avec ce que vous avez appris.
- Recommencez plus tard avec un autre scénario, en vérifiant d'abord que les actions précédentes ont été faites.
Complétez cet entraînement par des actions régulières auprès de l'ensemble des équipes, décrites dans notre article sur la sensibilisation des salariés. NexSecure prépare et anime ces exercices dans le cadre de la sensibilisation à la cybersécurité.
Questions fréquentes
Combien de temps dure un exercice de crise ?
Deux heures suffisent pour un premier exercice sur table, préparation comprise du côté de l'animateur. Mieux vaut une séance courte et suivie de corrections qu'une journée entière dont rien ne ressort.
Faut-il couper réellement les systèmes ?
Non pour un premier exercice : on simule autour d'une table. Les tests techniques de restauration se planifient à part, sur un environnement prévu pour, afin de ne pas créer un incident réel.
Qui doit animer l'exercice ?
Une personne qui ne participe pas aux décisions : elle déroule le scénario, lance les injections et note les écarts. Un regard extérieur aide à éviter les réponses convenues entre collègues habitués.
À quelle fréquence recommencer ?
Il n'existe pas de règle unique. L'essentiel est de vérifier que les actions décidées après le précédent exercice ont été réalisées avant d'en organiser un nouveau, avec un scénario différent.
Sources
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Rédigé par l'équipe NexSecure. Responsable de la publication : Yohann Toumine. Dernière mise à jour le 11 septembre 2026.
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