Fraude au virement, faux fournisseur : comment réagir ?
En bref
La fraude au faux fournisseur consiste à se faire passer pour un fournisseur, par e-mail ou par téléphone, pour obtenir le paiement d'une facture sur un autre compte bancaire. Pour s'en protéger, vérifiez toute demande de changement de coordonnées bancaires par un appel au numéro déjà connu. Si un virement frauduleux est parti, appelez votre banque immédiatement, puis déposez plainte.
La fraude au virement ne repose pas sur une faille technique, mais sur la confiance. Un message crédible, un ton pressant, un changement de RIB glissé au bon moment : le virement part vers le compte d'un escroc. La bonne nouvelle, c'est que des procédures simples suffisent à bloquer la plupart de ces tentatives. Voici comment les reconnaître, les prévenir et réagir.
Comment fonctionne la fraude au virement ?
Ces fraudes relèvent de l'ingénierie sociale : une manipulation qui exploite l'urgence, l'autorité ou l'habitude plutôt qu'une faiblesse informatique. Elles prennent plusieurs formes.
| Scénario | Ce qui se passe | Signal d'alerte |
|---|---|---|
| Faux fournisseur | Un e-mail annonce un changement de coordonnées bancaires avant le règlement d'une facture. | Nouveau RIB, surtout dans une banque ou un pays inhabituels. |
| Faux dirigeant | Un prétendu dirigeant demande un virement urgent et confidentiel. | Urgence, secret, demande de contourner la procédure. |
| Faux conseiller bancaire | Un appel demande de valider des opérations ou de communiquer des codes. | Demande de codes, d'identifiants ou d'installer un logiciel. |
| Messagerie piratée | L'escroc lit les vrais échanges et intervient dans une conversation en cours. | Modification de dernière minute dans un fil pourtant légitime. |
L'escroc utilise souvent un nom de domaine ressemblant. Par exemple, fournisseur-exemple.fr devient fournisseur-exemp1e.fr, avec le chiffre 1 à la place de la lettre l. Lu rapidement, l'écart passe inaperçu.
Voici le type de message à reconnaître :
« Bonjour, suite à un changement de banque, merci d'utiliser désormais le RIB ci-joint pour le règlement de la facture en attente. Le virement doit partir aujourd'hui pour éviter des pénalités. Je suis en déplacement et difficilement joignable par téléphone. »
Trois signaux s'y cumulent : un nouveau RIB, une échéance immédiate et une manière d'éviter tout contrôle par téléphone.
Pourquoi ces fraudes fonctionnent-elles ?
- Les documents sont crédibles : logo, signature et facture copiés sur de vrais échanges.
- Le moment est choisi : absence d'un responsable, période de congés, clôture comptable.
- La pression est forte : menace de pénalités, confidentialité exigée, interlocuteur qui rappelle sans cesse.
Les procédures qui bloquent la fraude
- Le contre-appel systématique : toute demande de changement de coordonnées bancaires se vérifie par téléphone, au numéro figurant dans le contrat ou la fiche fournisseur. Jamais au numéro indiqué dans le message.
- La double validation : deux personnes valident chaque modification de RIB et chaque virement au-dessus d'un seuil que vous fixez.
- Une règle écrite et connue de tous, dirigeants compris. Ils s'engagent à ne jamais demander de la contourner, ce qui rend toute exception suspecte.
- Un délai de vérification : un nouveau RIB ne sert pas au premier paiement le jour même.
- Les contrôles de la banque : renseignez-vous sur la vérification de concordance entre le nom du bénéficiaire et son IBAN.
Les protections techniques utiles
- la double authentification sur les messageries, pour éviter qu'un mot de passe volé suffise (voir notre article sur les mots de passe et la double authentification) ;
- les protocoles SPF, DKIM et DMARC, qui aident les messageries à rejeter les e-mails usurpant votre propre nom de domaine ;
- une alerte sur les règles de transfert automatique créées dans les boîtes mail, un procédé courant pour espionner discrètement ;
- un bandeau signalant les e-mails venant de l'extérieur.
Un virement frauduleux est parti : que faire ?
- Appelez votre banque immédiatement pour demander le blocage ou le rappel des fonds. Plus l'alerte est rapide, plus les chances de récupération sont réelles.
- Prévenez le vrai fournisseur par un canal connu : sa messagerie a peut-être été piratée.
- Conservez tout : e-mails complets, factures, relevés, numéros d'appel.
- Déposez plainte auprès de la police ou de la gendarmerie.
- Vérifiez votre messagerie : connexions inconnues, règles de transfert, mots de passe à changer.
- Faites-vous accompagner via cybermalveillance.gouv.fr si un piratage est en cause.
Pour que ces réflexes deviennent des habitudes dans vos équipes, NexSecure propose des sessions de sensibilisation à la cybersécurité.
Questions fréquentes
La banque peut-elle récupérer l'argent ?
Parfois, si elle est prévenue très vite et que les fonds n'ont pas encore été retirés ou transférés. Rien n'est acquis : c'est pourquoi l'appel à la banque est la toute première action.
Un e-mail envoyé depuis la vraie messagerie du fournisseur est-il fiable ?
Pas forcément. Si sa messagerie a été piratée, l'escroc écrit depuis le compte légitime. Seul un appel à un numéro déjà connu confirme un changement de coordonnées bancaires.
Faut-il former uniquement le service comptable ?
Non. Les dirigeants et leurs assistants sont aussi visés par les faux ordres urgents, et toute personne qui reçoit des factures peut être contactée. La procédure doit être connue de tous.
DMARC suffit-il à bloquer ces fraudes ?
Non. Il complique l'usurpation exacte de votre nom de domaine, mais pas l'usage d'un domaine ressemblant ni d'une messagerie réellement piratée. Les procédures de vérification restent indispensables.
Sources
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Rédigé par l'équipe NexSecure. Responsable de la publication : Yohann Toumine. Dernière mise à jour le 11 septembre 2026.
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