Cyberattaque : porter plainte et garder les preuves
En bref
Conservez les journaux de connexion, les messages reçus avec leurs en-têtes, les captures d'écran, les fichiers chiffrés et une copie des systèmes touchés avant toute réinstallation. Déposez plainte auprès de la police ou de la gendarmerie, par le représentant légal ou une personne mandatée. La plainte sert aussi pour l'assurance, pour les partenaires et pour l'analyse du phénomène.
Après une attaque, la priorité est de redémarrer. C'est précisément ce qui fait disparaître les preuves : on réinstalle, on efface, on remet en service. Quelques gestes simples, faits dès les premières heures, préservent ce qui permettra d'expliquer ce qui s'est passé et d'appuyer une plainte.
Pourquoi déposer plainte
- Parce que les faits sont des infractions : l'accès et le maintien frauduleux dans un système, l'entrave à son fonctionnement, l'extorsion et l'escroquerie sont réprimés par la loi.
- Parce que l'assurance l'exige souvent : les contrats couvrant les cyberattaques demandent généralement un dépôt de plainte.
- Parce que les enquêtes se regroupent : un même mode opératoire frappe de nombreuses victimes, et les plaintes se recoupent.
- Parce que cela crédibilise votre démarche auprès des clients, des partenaires et de l'autorité de protection des données.
Les preuves à conserver, tout de suite
- Les journaux : ces fichiers qui enregistrent les connexions et les actions sur les serveurs, la messagerie, le site et les équipements réseau. Copiez-les hors des systèmes touchés avant qu'ils ne soient écrasés par les enregistrements suivants.
- Les messages : conservez le courrier frauduleux entier, avec ses en-têtes techniques, qui contiennent le chemin réellement suivi. Un message transféré perd ces informations : exportez-le plutôt.
- Les captures d'écran : message de rançon, page modifiée, alerte affichée, avec l'heure visible.
- Les fichiers touchés : ne renommez pas et ne supprimez pas les fichiers chiffrés, même illisibles.
- Une copie des systèmes : avant réinstallation, faites une copie complète des disques concernés.
- Vos notes : qui a constaté quoi, à quelle heure, quelles actions ont été menées ensuite. Ce journal manuscrit vaut beaucoup.
Ce qu'il ne faut pas faire
| Geste | Conséquence |
|---|---|
| Réinstaller immédiatement le serveur | Les traces disparaissent définitivement. |
| Supprimer les messages frauduleux | Perte des en-têtes et du contenu exact. |
| Nettoyer les fichiers suspects soi-même | Suppression d'éléments d'analyse, sans certitude d'avoir tout retiré. |
| Laisser les journaux tourner sur place | Écrasement par rotation automatique après quelques jours. |
| Répondre aux attaquants | Aucune garantie, et confirmation que la cible est réactive. |
Sur le cas particulier du paiement d'une rançon, les autorités publiques, dont cybermalveillance.gouv.fr et l'ANSSI, recommandent de ne pas payer. Les raisons et les conséquences sont détaillées dans notre article sur les réflexes face à un rançongiciel.
Comment déposer plainte
- La plainte est déposée par le représentant légal de l'organisation, ou par une personne munie d'un mandat écrit.
- Rendez-vous dans un commissariat de police ou une brigade de gendarmerie. Un dépôt préalable en ligne existe pour certaines infractions et facilite le passage.
- Apportez un dossier ordonné : description chronologique des faits, supports contenant les copies, captures, liste des systèmes touchés, coordonnées d'un contact technique.
- Décrivez les conséquences : indisponibilité, données exposées, clients concernés, sans chiffrer ce que vous ne savez pas encore.
- Demandez le récépissé et conservez-le : il vous sera réclamé par l'assureur et parfois par des partenaires.
Après le dépôt
Poursuivez les démarches en parallèle : notification à l'autorité de protection des données si des données personnelles sont concernées, déclaration à l'assureur selon les conditions du contrat, information des clients lorsque le risque le justifie. Faites-vous accompagner : le dispositif public d'assistance présenté dans notre article sur cybermalveillance.gouv.fr oriente vers des professionnels référencés.
Conservez enfin l'ensemble du dossier dans un endroit sûr et accessible, indépendant des systèmes touchés, avec les copies faites au moment de l'incident.
NexSecure recueille et met en forme ces éléments techniques lors de l'analyse consécutive à l'incident, dans le cadre d'un audit de sécurité.
Questions fréquentes
Peut-on porter plainte sans connaître l'auteur ?
Oui, la plainte se dépose contre auteur inconnu. C'est la situation la plus fréquente en matière d'attaque informatique, et cela n'empêche ni l'enquête ni le rapprochement avec d'autres affaires similaires.
Faut-il attendre la fin de l'analyse technique ?
Non. Déposez plainte avec ce que vous savez, puis complétez si nécessaire. Attendre fait surtout courir le risque de perdre des traces, notamment les journaux qui s'effacent automatiquement.
Qui peut déposer plainte pour l'entreprise ?
Le représentant légal, ou une personne disposant d'un mandat écrit. Prévoyez ce mandat à l'avance dans votre fiche de crise, pour éviter de le rédiger en urgence le jour de l'incident.
Les preuves doivent-elles être recueillies par un expert ?
Pas nécessairement pour un premier dépôt. Mais une copie réalisée par un professionnel, dans les règles, aura davantage de valeur. Le principal est de ne rien effacer avant d'avoir copié.
Sources
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Rédigé par l'équipe NexSecure. Responsable de la publication : Yohann Toumine. Dernière mise à jour le 11 septembre 2026.
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