Qui prévenir en cas de cyberattaque ?
En bref
Prévenez d'abord votre support informatique et la direction, par téléphone plutôt que par une messagerie peut-être compromise. Appelez la banque si des paiements sont en jeu. Contactez ensuite les autorités : plainte auprès de la police ou de la gendarmerie, notification à la CNIL si des données personnelles sont concernées. Informez enfin l'assureur, les clients et les partenaires connectés.
Le jour de l'incident, personne n'a le temps de chercher un numéro. La liste des personnes à prévenir doit exister avant, sur papier, accessible même quand les systèmes sont à l'arrêt. Voici qui appeler, dans quel ordre, et pourquoi.
D'abord, en interne
- Le support informatique ou le prestataire : c'est lui qui isole, analyse et enclenche la remise en service.
- La direction : certaines décisions ne se prennent qu'à ce niveau, comme l'arrêt d'un service ou la communication publique.
- Les personnes qui traitent les paiements : elles doivent suspendre les virements en cours le temps de vérifier.
- L'ensemble des équipes : une consigne courte vaut mieux que des rumeurs. Dites ce qui est arrêté, ce qui reste utilisable, et à qui signaler une anomalie.
Un point pratique : utilisez le téléphone ou un canal indépendant. Si la messagerie est compromise, vos échanges de crise sont lus par l'attaquant.
Les autorités et les organismes
| Qui | Quand | Pourquoi |
|---|---|---|
| Police ou gendarmerie | Dès les faits constatés | Dépôt de plainte, souvent exigé par l'assurance. |
| CNIL | Si des données personnelles sont concernées | Notification dans les 72 heures après en avoir pris connaissance, sauf absence de risque pour les personnes. |
| Cybermalveillance.gouv.fr | Dès le besoin d'assistance | Parcours de diagnostic et mise en relation avec des professionnels. |
| Banque | Immédiatement si un paiement est en jeu | Blocage ou tentative de rappel des fonds. |
| Assureur | Selon les conditions du contrat | Déclaration du sinistre et accès aux prestations prévues. |
| Autorité compétente pour les entités régulées | Si votre activité est soumise à une réglementation particulière | Obligations propres, par exemple celles issues de la directive NIS2. |
Les tiers techniques
- L'hébergeur : il peut suspendre un service, fournir des journaux et vérifier l'infrastructure.
- Le bureau d'enregistrement du nom de domaine : indispensable si le domaine ou ses réglages ont été modifiés.
- Le prestataire de messagerie : pour révoquer des sessions, examiner les connexions et rétablir des accès.
- Les éditeurs des logiciels métier : pour vérifier l'intégrité des données et l'état des accès.
- Le prestataire de sauvegarde : pour confirmer qu'une copie saine existe et la protéger.
Les clients et les partenaires
Prévenez sans attendre les partenaires dont les systèmes sont connectés aux vôtres : leurs accès doivent être vérifiés, et un compte partagé compromis chez vous les expose directement. Informez ensuite les clients lorsque le risque pour eux le justifie, selon les principes exposés dans notre article sur la violation de données personnelles. Prévenez aussi vos fournisseurs si des demandes de paiement frauduleuses ont pu être envoyées en votre nom.
Préparer la liste avant l'incident
- Un document d'une page : nom, rôle, numéro direct, numéro de secours, disponible en version imprimée.
- Les numéros de contrat et de client chez l'hébergeur, l'assureur et les éditeurs, souvent demandés au premier appel.
- Un mandat écrit désignant qui peut déposer plainte au nom de l'organisation.
- Une adresse de messagerie de secours, hébergée ailleurs que vos systèmes habituels.
- Deux ou trois phrases prêtes pour répondre aux questions pendant les premières heures.
- Une relecture de cette liste à date fixe, car les numéros et les prestataires changent.
Cette page tient dans un classeur et se range à côté du plan de reprise. Elle transforme une matinée de panique en une suite d'appels ordonnés.
NexSecure tient à jour ces contacts et assure l'alerte et la coordination technique dans le cadre d'un contrat d'infogérance.
Questions fréquentes
Faut-il prévenir la CNIL à chaque incident ?
Seulement lorsque des données personnelles sont concernées et que l'incident présente un risque pour les personnes. Dans les autres cas, documentez-le dans votre registre interne des violations, qui doit rester tenu à jour.
Dans quel ordre passer les appels ?
Support et direction d'abord, puis la banque si des paiements sont en jeu. Les démarches auprès des autorités et des assureurs suivent, une fois les faits stabilisés. Les partenaires connectés sont prévenus dès que le risque les concerne.
Peut-on utiliser la messagerie de l'entreprise pour la crise ?
Pas si elle est peut-être compromise : vos échanges seraient lus par l'attaquant. Prévoyez un canal indépendant, par exemple le téléphone ou une adresse de secours hébergée ailleurs.
Qui prévenir si l'attaque vient d'un prestataire ?
Contactez-le immédiatement, puis vérifiez les accès qu'il détient chez vous. Prévenez également vos propres clients si leurs données transitent par ce prestataire, et documentez les faits pour votre plainte.
Sources
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Rédigé par l'équipe NexSecure. Responsable de la publication : Yohann Toumine. Dernière mise à jour le 11 septembre 2026.
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