Chiffrement au repos et en transit : la différence
En bref
Le chiffrement en transit protège les données pendant leur circulation entre le visiteur et le serveur. Le chiffrement au repos protège celles qui sont stockées sur les disques et dans les sauvegardes. Les deux sont complémentaires : le premier écarte l'interception, le second limite les conséquences d'un vol de support. Aucun ne protège une application déjà compromise.
Chiffrer consiste à transformer une information pour qu'elle devienne illisible sans la clé correspondante. Deux moments doivent être distingués : lorsque la donnée circule sur un réseau, et lorsqu'elle est stockée quelque part. Les risques ne sont pas les mêmes, les mesures non plus, et confondre les deux conduit à surestimer sa protection.
Le chiffrement en transit
Il protège les données qui voyagent : un formulaire envoyé depuis un navigateur, un appel entre deux applications, une sauvegarde transférée vers un espace distant. Sans lui, ces informations circulent lisibles pour qui observe le réseau, notamment sur un réseau sans fil partagé.
- Pour un site : HTTPS sur la totalité des pages, avec une redirection automatique et un certificat valide ;
- Pour les échanges internes : chiffrement également entre vos serveurs, et non seulement en façade ;
- Pour la messagerie et les transferts de fichiers : abandon des protocoles anciens qui transmettent les identifiants en clair ;
- Pour l'administration à distance : accès par un tunnel chiffré plutôt que par un service exposé directement.
Le chiffrement au repos
Il concerne les données stockées : disques des serveurs, bases de données, sauvegardes, ordinateurs portables, clés et disques externes. Son intérêt principal apparaît quand le support quitte votre contrôle. Un disque remplacé, un ordinateur volé, une sauvegarde égarée deviennent inexploitables sans la clé.
| Niveau | Ce qu'il protège | Limite |
|---|---|---|
| Disque entier | Le contenu du support s'il est retiré ou volé. | Une fois la machine démarrée, les données sont lisibles par le système. |
| Base de données | Les fichiers de la base sur le disque. | Une application autorisée voit les données en clair. |
| Champ par champ | Les données les plus sensibles, même vis-à-vis des administrateurs. | Complique les recherches et impose une gestion rigoureuse des clés. |
| Sauvegardes | Les copies stockées ailleurs, souvent les plus exposées. | Sans la clé conservée à part, la restauration devient impossible. |
Chiffrer n'est pas hacher
Une confusion fréquente mérite d'être levée. Le chiffrement est réversible : avec la clé, on retrouve la donnée d'origine. Le hachage ne l'est pas : il produit une empreinte qui ne permet pas de revenir en arrière. Les mots de passe des utilisateurs doivent être hachés avec une fonction prévue pour cet usage, jamais chiffrés, car votre application n'a aucune raison de pouvoir les relire.
La gestion des clés fait toute la différence
- Séparer la clé de la donnée : une clé stockée à côté du fichier chiffré n'apporte presque rien.
- Restreindre qui y accède, et journaliser ces accès.
- Prévoir le renouvellement et la procédure à suivre si une clé est compromise.
- Sécuriser la copie de secours : une clé perdue rend les données définitivement illisibles, y compris pour vous.
Ce que le chiffrement ne règle pas
Il ne protège pas d'un accès légitime détourné. Si un compte d'administration est compromis, l'application déchiffre les données pour l'attaquant comme elle le ferait pour vous. Il ne remplace donc ni le contrôle des accès, ni les mises à jour, ni la surveillance. Le RGPD le cite d'ailleurs comme une mesure parmi d'autres, à choisir selon les risques, et non comme une case à cocher.
NexSecure examine ces mesures dans le cadre de son accompagnement à la conformité RGPD.
Questions fréquentes
HTTPS suffit-il à protéger les données ?
Non. Il protège leur circulation entre le visiteur et le serveur. Une fois arrivées, elles sont stockées et traitées : leur protection dépend alors des accès, du chiffrement au repos et de la sécurité de l'application.
Faut-il chiffrer toute la base de données ?
Cela dépend des données et des risques. Le chiffrement du support couvre déjà le vol de matériel. Un chiffrement champ par champ se réserve aux informations les plus sensibles, car il complique les recherches et la maintenance.
Que se passe-t-il si je perds la clé ?
Les données deviennent illisibles, sans recours. C'est le principal risque opérationnel du chiffrement au repos, d'où l'importance d'une copie de secours de la clé, conservée séparément et testée lors d'un exercice de restauration.
Le chiffrement dispense-t-il de notifier une fuite ?
Pas automatiquement. Il peut réduire le risque pour les personnes concernées, ce qui entre dans l'analyse, mais l'évaluation dépend de la situation réelle, notamment de la protection effective des clés au moment des faits.
Sources
Service lié
Articles liés
Rédigé par l'équipe NexSecure. Responsable de la publication : Yohann Toumine. Dernière mise à jour le 11 septembre 2026.
Une question sur votre situation ? Parler de votre projet