Combien de temps faut-il garder ses sauvegardes ?
En bref
La durée de conservation dépend du délai au bout duquel un problème est généralement détecté. Une corruption ou une suppression passée inaperçue pendant des semaines ne se répare qu'avec un historique plus profond. La pratique consiste à combiner des copies rapprochées sur une courte période et des copies plus espacées sur une durée longue.
Sauvegarder tous les jours ne sert à rien si la copie la plus ancienne date d'une semaine et que l'erreur remonte à un mois. La question de la durée est aussi importante que celle de la fréquence, et elle est bien plus souvent négligée.
Fréquence et profondeur : deux notions distinctes
La fréquence détermine ce que vous pouvez perdre : avec une sauvegarde quotidienne, vous perdez au maximum une journée de travail. La profondeur détermine jusqu'où vous pouvez remonter dans le passé.
Ces deux réglages répondent à des risques différents. La fréquence protège de la panne brutale. La profondeur protège du problème silencieux : un fichier corrompu, une donnée effacée par erreur, une intrusion restée discrète. Ce second cas se découvre rarement le jour même.
Comment fixer la durée ?
Une méthode simple consiste à partir du délai de détection réaliste pour chaque type d'incident.
| Type de problème | Délai habituel de découverte | Profondeur nécessaire |
|---|---|---|
| Panne matérielle, site inaccessible | Immédiat | La dernière copie suffit |
| Suppression accidentelle d'un fichier courant | Quelques jours | Copies quotidiennes récentes |
| Erreur dans des données peu consultées | Plusieurs semaines | Copies hebdomadaires conservées |
| Corruption progressive, intrusion discrète | Plusieurs mois | Copies mensuelles sur une longue période |
De cette lecture découle la pratique courante : conserver des copies rapprochées sur une période courte, des copies hebdomadaires sur quelques mois, et des copies mensuelles au delà. Chaque niveau répond à un risque, sans multiplier indéfiniment le volume stocké.
Ce que la réglementation impose, et ce qu'elle interdit
Deux logiques se rencontrent ici, et elles tirent dans des sens opposés.
- Certaines obligations imposent de conserver des documents pendant des durées définies, notamment en matière comptable, commerciale et sociale. Ces durées varient selon la nature du document.
- Le RGPD interdit de conserver des données personnelles au delà de ce qui est nécessaire à la finalité poursuivie, comme le rappelle la durée de conservation des données personnelles.
Les sauvegardes ne sont pas hors de ce cadre, mais elles obéissent à une logique propre. Il n'est généralement pas exigé d'aller extraire une donnée d'archives chiffrées à chaque demande d'effacement. La position couramment retenue consiste à documenter la durée de rotation, à s'assurer que les copies concernées disparaîtront au terme du cycle, et à ne pas réintroduire la donnée effacée lors d'une restauration.
Quelles règles pratiques ?
- Écrivez la politique de rétention : quelles données, quelle fréquence, quelle durée, quel support. Sans document, chacun suppose autre chose.
- Distinguez les ensembles : une base de données transactionnelle et des archives documentaires n'appellent pas le même traitement.
- Vérifiez la suppression effective des copies arrivées à échéance. Une rotation mal configurée conserve tout, ou rien.
- Contrôlez la lisibilité des copies anciennes : un format ou un outil abandonné rend une archive inexploitable, même conservée.
- Conservez une copie avant chaque opération majeure, migration ou montée de version, en dehors du cycle habituel.
- Revoyez la politique périodiquement, car les volumes et les usages évoluent.
Le coût n'est pas le seul critère
Conserver longtemps occupe de l'espace, donc coûte. Mais une rétention trop courte coûte bien davantage le jour où la seule copie saine a déjà été écrasée. Le raisonnement se mène par rapport à la valeur des données et au délai de découverte, pas par rapport au volume disponible.
Notez enfin qu'une archive conservée longtemps reste une donnée à protéger : chiffrement, contrôle des accès et registre des supports s'appliquent aux copies anciennes comme aux récentes.
En résumé
- La fréquence limite la perte, la profondeur permet de remonter loin.
- Calez la durée sur le délai réel de découverte des problèmes.
- Combinez copies quotidiennes, hebdomadaires et mensuelles.
- Écrivez la politique, vérifiez les suppressions et la lisibilité des archives.
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Questions fréquentes
Une semaine de sauvegardes suffit-elle ?
Pour une panne matérielle, oui. Pour une erreur découverte plus tard, non : la copie saine aura déjà été écrasée. Une profondeur de plusieurs mois est nécessaire dès que des données sont peu consultées.
Faut-il effacer une donnée personnelle des sauvegardes ?
La pratique retenue consiste à laisser le cycle de rotation faire disparaître les copies concernées, en documentant sa durée, et à ne pas réintroduire la donnée lors d'une éventuelle restauration.
Combien de copies conserver ?
Plutôt que de compter les copies, raisonnez par niveaux : des copies rapprochées sur quelques jours, hebdomadaires sur quelques mois, mensuelles au delà. Chaque niveau répond à un type d'incident.
Les archives anciennes restent-elles lisibles ?
Pas automatiquement. Un format propriétaire ou un outil abandonné peut rendre une copie inexploitable. Vérifiez périodiquement qu'une archive ancienne s'ouvre encore avec les outils dont vous disposez.
Sources
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Rédigé par l'équipe NexSecure. Responsable de la publication : Yohann Toumine. Dernière mise à jour le 11 septembre 2026.
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